Donald Trump accuse Ali Khamenei
Les mots sont rares, mais lorsqu’ils tombent, ils sont calculés. En déclarant qu’« il est temps pour l’Iran de se doter d’un nouveau leadership », Donald Trump a franchi un seuil politique et symbolique majeur. Dans une interview accordée à Politico, le président américain a attaqué frontalement le guide suprême iranien Ali Khamenei, l’accusant d’avoir plongé son pays dans la ruine par la violence et la peur.
Trump n’a pas mâché ses mots. Selon lui, Khamenei est « coupable de la destruction totale de l’Iran » et responsable d’un niveau de répression « jamais vu auparavant ». L’ancien président américain est allé plus loin, affirmant que « la meilleure décision » prise par le guide suprême avait été de ne pas faire exécuter près de 800 personnes, présentées comme des cibles potentielles de la répression. Une phrase lourde de sens, destinée à souligner la brutalité d’un régime accusé de gouverner par la terreur plutôt que par la légitimité.
Deux récits irréconciliables
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions internes en Iran, marqué par des manifestations répétées et une contestation persistante du pouvoir. Pour Trump, la crise iranienne est avant tout le résultat d’une gouvernance défaillante. « Diriger un pays est une question d’honneur, pas de peur et de mort », a-t-il affirmé, opposant sa propre vision du leadership à celle du régime de Téhéran. Il décrit l’Iran comme « l’un des pires endroits où vivre », conséquence directe d’une gestion autoritaire et violente.
Du côté iranien, la réponse ne s’est pas fait attendre. Plus tôt dans la journée, Ali Khamenei a accusé Trump d’être personnellement impliqué dans un « complot américain » visant à déstabiliser la République islamique. Selon le guide suprême, Washington serait responsable des pertes humaines et des destructions observées lors des troubles récents. Il affirme que les manifestations ne sont pas spontanées, mais planifiées, financées et orchestrées par les États-Unis.
Accusations d’ingérence et paranoïa stratégique
Khamenei va plus loin encore en affirmant que l’objectif réel des États-Unis serait « l’annexion de l’Iran ». Un discours qui s’inscrit dans une rhétorique bien rodée, où toute contestation interne est attribuée à une ingérence étrangère. Le guide suprême soutient que l’Iran, par sa position géographique stratégique et ses avancées scientifiques et technologiques, représente une menace insupportable pour Washington.
Selon lui, la singularité de la crise actuelle résiderait dans l’implication directe du président américain. Trump aurait, d’après ses dires, encouragé les opposants, proféré des menaces et promis un soutien continu, y compris militaire. En d’autres termes, le président des États-Unis ne serait pas un observateur extérieur, mais un acteur central de la déstabilisation iranienne.
Un message calculé à plusieurs destinataires
En réalité, les propos de Trump s’adressent à plusieurs publics. À l’intérieur de l’Iran, ils visent à encourager une population lassée par des décennies de répression et de difficultés économiques. À l’international, ils cherchent à délégitimer un régime accusé de violences systématiques contre sa propre population. Enfin, sur le plan stratégique, ils rappellent que Washington ne considère plus la question iranienne comme un simple dossier diplomatique, mais comme un enjeu de gouvernance et de légitimité.
Cette confrontation verbale illustre deux visions radicalement opposées. D’un côté, Trump présente l’Iran comme un pays pris en otage par un dirigeant obsédé par sa survie politique. De l’autre, Khamenei décrit les États-Unis comme une puissance conspiratrice cherchant à détruire un État souverain. Entre ces deux récits, la population iranienne reste l’otage d’un bras de fer où chaque mot devient une arme politique.
Jérémie de Jforum.fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

