Le philosophe Moïse Mendelssohn face au Baâl Chem Tov

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Le philosophe Moïse Mendelssohn
face au Rabbin mystique le Baâl Chem Tov

Par Maurice-Ruben Hayoun

Les esprits simples ont tendance à générer un univers à leur image.
Cette confusion permet de masquer la diversité des forces qui constituent l’arrière-plan historique du judaïsme européen des 18ème et 19ème siècle, période séminale s’il en fut !

À cette époque précisément les masses laborieuses juives hésitaient entre deux directions absolument opposées : L’une, rationnelle, lucide, enracinée dans un terroir rationaliste et l’autre immergée dans un mysticisme qui ne pouvait se concilier avec l’autre volet de la tradition.

En fait, c’est un schéma qui allait diviser la tradition juive en deux camps radicalement opposés et peser sur l’avenir comme jamais auparavant.

Cette division entre une version rationaliste et une version mystique n’a toujours pas été réparée à ce jour.
Le judaïsme n’a pas pu éviter la division profonde de l’esprit d’Israël.
Il faut bien mesurer la distance qui sépare ces deux mondes…

Les valeurs qui irriguent ces deux univers mentaux que rien ne rapproche, ont fini par triompher.

The Baal Shem Tov | My Jewish Learning

Le vieux parti religieux détenait des cartes de premier ordre, il refusait de se mêler aux manifestations de la culture ambiante, par crainte d’assimilation. Certes, il n’aurait sûrement pas survécu s’il avait dû vivre par lui-même et sans l’aide de quiconque.
Ces deux personnalités nationales entretenaient entre elles des relations étranges, elles devaient montrer que la culture juive était composite.
Ce qui signifiait que l’on devait abandonner à la culture profane toute une partie de la sensibilité juive intrinsèque.
La partie religieuse n’y consentira jamais totalement.

Toute cette problématique a été incarnée par un personnage de premier ordre, Martin BUBER, qui devait finir ses jours à Jérusalem en 1965.

BUBER a vécu la défection de sa mère alors qu’il n’avait pas 3 ans, ce rendez-vous avec ce drame familial lui a permis de faire connaissance avec un monde nouveau, celui du HASSIDISME.

En effet, la fuite de sa mère avec son amant a fait de lui un bébé confié à sa grand-mère paternelle qui a consenti à s’occuper de lui sur tous les plans.

Cette Galicie autrichienne était au coeur de la culture juive hassidique.
BUBER en fut imprégné au plus haut degré.
Et c’est lui, Martin BUBER, qui se fit l’héritier de cette tradition.
Il en hérita d’une manière parfaite puisqu’il a pu s’en approcher à bout portant.

Ceci a tout de même troublé son rapport avec Gershom Sholem intéressé lui aussi par ce canal de la mystique juive.
Peu avant sa mort, Gershom Sholem stigmatisa le rapport bubérien au mysticisme juif.

BUBER avait privilégié une approche semi-scientifique qui ne convenait pas au berlinois SHOLEM, la vérité doit se situer entre les deux.

BUBER a fréquenté ces milieux vivants, ce qui ne fut pas le cas de Sholem.

Le style de BUBER porte la marque de sa grand-mère qui lui enseigna les techniques de l’écriture, elle pesa certainement, comme l’épouse non-juive de Buber, sur sa production littéraire et ceci se répercuta sur son approche globale.

Quand on s’occupe de mystique juive, il faut savoir faire preuve d’une sensibilité juive forte.

Du point de vue juif et au plan européen, on pourrait reprocher à cette mystique juive une origine contestable

Maurice-Ruben HAYOUN ((Assisté par Prosper Hayoun)   Le 08 janvier 2026
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