Comment la Russie aide le régime iranien à réprimer
Alors que l’Iran fait face à une vague de manifestations d’une ampleur inédite, un facteur extérieur apparaît de plus en plus central dans la capacité du régime à contenir la contestation : l’appui méthodique de la Russie. Selon de nombreux analystes, Moscou n’intervient pas par une action militaire directe, mais par une assistance structurelle destinée à renforcer les moyens de répression et de contrôle du pouvoir iranien.
Pour le Kremlin, les mouvements populaires de grande ampleur constituent un risque stratégique majeur, perçus comme un possible phénomène d’« exportation de la révolution ». Cette lecture explique une coopération ancienne entre Russie et Iran, désormais formalisée par un partenariat stratégique signé en 2025. Cet accord a ouvert la voie à des échanges technologiques sensibles, notamment dans les domaines de la surveillance numérique et du contrôle d’Internet.
Sur le plan sécuritaire, l’aide russe se traduit par la fourniture d’équipements militaires adaptés aux opérations urbaines. Les unités du Corps des gardiens de la révolution islamique et des forces du Basij seraient équipées d’armes légères russes, permettant des tirs précis à moyenne distance. Des observateurs ont également signalé le déploiement de chars T-72 et de véhicules blindés de transport de troupes BTR-60, spécialement modifiés pour intervenir dans des zones densément peuplées.
À cette panoplie s’ajoutent des moyens aériens fournis par Moscou. Des hélicoptères de transport Mi-17 et des hélicoptères d’attaque Mi-28, conçus pour le combat urbain, auraient été utilisés à des fins de dissuasion et de pression psychologique. Cette démonstration de force vise à briser la dynamique des manifestations tout en limitant l’engagement direct de troupes étrangères.
Les autorités iraniennes accordent cependant une attention particulière aux outils dits « non létaux ». Depuis les protestations de 2022, des délégations iraniennes se sont intéressées aux méthodes russes de dispersion de foules : pistolets à impulsion électrique, grenades assourdissantes et dispositifs de neutralisation temporaire. L’objectif affiché est de contenir les rassemblements tout en réduisant les coûts politiques liés à des pertes massives.
Fin 2025, un cap supplémentaire a été franchi avec la livraison discrète d’une quarantaine de véhicules blindés Spartak, conçus pour la Garde nationale russe. Acheminés par avions cargos Il-76 via des itinéraires évitant l’espace contrôlé par l’OTAN, ces engins sont optimisés pour des patrouilles prolongées en milieu urbain, soulignant l’urgence de l’assistance russe au plus fort des troubles.
Mais c’est dans le domaine numérique que l’influence de Moscou apparaît la plus déterminante. La coupure d’Internet amorcée début janvier 2026 a révélé l’efficacité de technologies russes d’inspection approfondie des paquets. Contrairement aux blocages rudimentaires du passé, l’Iran a instauré une connectivité sélective : les réseaux internationaux et mobiles ont été neutralisés, tandis que les services étatiques, bancaires et administratifs restaient opérationnels.
Ces capacités permettent notamment d’identifier et de bloquer en temps réel les VPN, tout en isolant des quartiers ou des villes sans paralyser l’ensemble du pays. La coopération avec des entreprises technologiques russes, telles que Protei, a facilité la désorganisation rapide des réseaux de coordination des manifestants.
Dans ce contexte, l’appui russe agit comme un multiplicateur de puissance pour le régime iranien, combinant force matérielle et contrôle informationnel. Tandis que les espoirs d’une pression extérieure immédiate s’estompent, cette alliance renforce la capacité de Téhéran à maintenir l’ordre par des moyens technologiques et sécuritaires de plus en plus sophistiqués.
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