« Il ne souhaite pas gagner » : Raquel Garrido charge Jean-Luc Mélenchon sur les élections de 2027
L’ancienne députée LFI, invitée de l’émission Pour tout dire sur T18, a tenu des propos très durs contre le leader des Insoumis, qu’elle accuse de privilégier la préservation de son influence personnelle plutôt qu’une réelle conquête du pouvoir.
À l’approche des prochaines échéances électorales, et alors que la question de la stratégie de la gauche pour 2027 se pose avec acuité, les critiques internes se font de plus en plus vives au sein de l’espace insoumis. Raquel Garrido, ancienne députée de Seine-Saint-Denis et figure historique de La France insoumise, a rompu avec la retenue habituelle pour livrer, le mardi 13 janvier sur le plateau de Pour tout dire (T18), une analyse au vitriol de l’attitude actuelle de Jean-Luc Mélenchon.
Interrogée dans le cadre d’un débat intitulé « Mélenchon peut-il se dédiaboliser ? », Raquel Garrido a affirmé détenir « l’intime conviction » que le leader de LFI ne vise plus réellement la victoire présidentielle. Elle dépeint un homme installé dans un confort personnel et politique qui rendrait selon elle toute ambition de conquête du pouvoir secondaire :
« J’ai l’intime conviction qu’il ne souhaite pas gagner. Il est dans une position très confortable avec sa retraite de sénateur socialiste. Il est à la tête d’un parti avec des dizaines d’employés qui le font vivre au quotidien comme un président, il est entouré d’une cour, de personnel, de gens qui lui font ses fiches, tout est fait pour son quotidien. » Pour l’ancienne parlementaire, devenue avocate, ce choix stratégique ne relève pas de l’impuissance ou de circonstances défavorables, mais d’une préférence assumée pour le statu quo.
« Casser l’idée de victoire de la gauche pour maintenir son petit royaume »
Les mots employés par Raquel Garrido sont particulièrement cinglants. Elle accuse explicitement Jean-Luc Mélenchon de saborder volontairement les perspectives d’une victoire de la gauche dans son ensemble : « Jean-Luc Mélenchon casse toute l’idée de victoire de la gauche pour maintenir son petit royaume. »
Elle va même plus loin en prêtant au leader insoumis une vision particulièrement sombre et méprisante des électeurs français : « Je pense qu’il a intégré l’idée que les Français sont des c*** et ils vont se donner à l’extrême droite. »
Ces déclarations acerbes marquent une nouvelle rupture avec la ligne officielle du mouvement et montre la profondeur des fractures apparues ces derniers mois au sein de l’ancien « noyau dur » des Insoumis.
Un sondage confirme la dégradation de l’image de Mélenchon
Ces attaques internes s’ajoutent à une opinion publique également très sévère à l’égard du leader de La France insoumise. Selon un sondage réalisé par l’institut Verian pour Le Monde et la revue L’Hémicycle, publié le 11 janvier 2026, 70 % des Français considèrent que Jean-Luc Mélenchon représente aujourd’hui « plutôt » ou « tout à fait » un danger pour la démocratie en France. Ce chiffre, en hausse de 23 points par rapport à l’année précédente, le place en tête des personnalités politiques perçues comme menaçantes, devant Éric Zemmour (65 %), Emmanuel Macron (56 %), Marine Le Pen (49 %) et Jordan Bardella (47 %).
Ce sondage, réalisé dans un contexte de forte polarisation politique, montre une décrépitude spectaculaire de l’image du tribun insoumis, déjà très clivante depuis plusieurs années.
Les déclarations de Raquel Garrido risquent d’alimenter encore davantage les débats sur l’avenir de La France insoumise et sur la capacité de Jean-Luc Mélenchon à incarner, ou non, une alternative crédible à droite comme à gauche. À deux ans de la présidentielle, la gauche française semble plus divisée que jamais.
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