La transition à Gaza divise profondément le cabinet
La perspective d’un passage à la phase II du processus en cours à Gaza continue de provoquer de fortes tensions au sein du gouvernement israélien. Lors d’une réunion du cabinet tenue mardi soir, une altercation notable a opposé le chef du Shin Bet, Shin Bet, David Zini, au ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir. Cet échange tendu illustre les profondes divergences internes autour de la mise en place d’une gouvernance transitoire dans la bande de Gaza.
Au cœur de la discussion figurait la composition du futur gouvernement technocratique et du Comité national chargé de la gestion de Gaza, structures censées accompagner la transition vers la phase II du plan américain. David Zini a affirmé devant les ministres que les services de sécurité israéliens avaient examiné et validé les profils des quinze membres pressentis. Selon lui, aucun de ces candidats ne serait affilié ni au Hamas ni à l’Autorité palestinienne, condition présentée comme essentielle pour garantir une administration civile indépendante et acceptable sur le plan sécuritaire.
Cette assurance n’a toutefois pas convaincu Itamar Ben-Gvir, qui a vivement contesté l’un des profils évoqués. Le ministre a souligné qu’Ali Shaath avait occupé par le passé le poste de vice-ministre des Transports sous la présidence de Yasser Arafat, estimant que cet élément remettait en cause l’affirmation d’une totale neutralité politique. David Zini a rétorqué que cette nomination répondait aux critères établis et ne constituait pas, selon l’évaluation du Shin Bet, un obstacle à sa participation à un organe technocratique.
Les bureaux des deux responsables n’ont pas démenti la réalité de cet échange, confirmant implicitement la nervosité croissante entourant la transition annoncée. Celle-ci s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par l’attente d’une déclaration du président américain Donald Trump concernant le lancement officiel de la phase II et la création d’un Conseil de paix pour Gaza.
Parallèlement à ces débats internes, les autorités israéliennes maintiennent des lignes rouges strictes sur le terrain. Un haut responsable a indiqué que le point de passage de Rafah ne serait pas rouvert tant que la dépouille de Ran Gvili ne serait pas rapatriée depuis Gaza. Cette position est partagée par de hauts responsables du ministère de la Défense, qui considèrent ce dossier comme non négociable dans le cadre de la transition.
Lors de la même réunion, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rappelé que toute évolution vers la phase II resterait conditionnée au démantèlement du Hamas et à la démilitarisation complète de la bande de Gaza. Il a également indiqué que ces objectifs étaient pleinement partagés par les États-Unis. Toutefois, plusieurs ministres ont reconnu que la mise en œuvre concrète de cette stratégie demeurait incertaine, notamment en raison du faible nombre de volontaires prêts à participer à la force internationale évoquée par Washington pour accompagner la transition.
Face aux critiques suscitées par la confrontation rapportée, le cabinet d’Itamar Ben-Gvir a tenu à minimiser l’incident. Dans un communiqué, il a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un affrontement personnel, rappelant que le ministre est en droit de poser des questions et d’exprimer des réserves sur des décisions engageant la sécurité nationale. Le texte souligne par ailleurs que Ben-Gvir estime David Zini et considère qu’il s’agit de l’un des meilleurs directeurs que le Shin Bet ait connus.
Cet épisode met en lumière les fragilités politiques entourant la phase II à Gaza, entre exigences sécuritaires, équilibres diplomatiques et débats internes, alors même que la pression internationale s’accentue pour faire émerger une nouvelle gouvernance du territoire.
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