Trump va taxer les partenaires de l’Iran
Droits de douane américains : qui est visé par la pression de Trump sur l’Iran
La décision annoncée par Donald Trump de taxer à hauteur de 25 % les échanges commerciaux avec les États-Unis de tout pays continuant à commercer avec l’Iran marque un tournant dans la stratégie américaine de pression économique. Cette mesure, présentée comme un outil de dissuasion indirecte, vise à isoler davantage Téhéran alors que le pays traverse une vague de manifestations sans précédent depuis des années.
Membre clé de l’OPEP, l’Iran conserve un réseau commercial étendu malgré les sanctions. En 2022, il exportait encore des produits, principalement énergétiques, vers près de 150 partenaires. Le pétrole reste de loin sa principale source de revenus extérieurs, tandis que ses importations concernent surtout des biens intermédiaires, des machines, des équipements industriels et des produits agricoles.
Parmi les pays les plus exposés à la nouvelle annonce américaine figure en premier lieu la Chine. Pékin est aujourd’hui le premier partenaire commercial de Téhéran et, surtout, son principal client pétrolier. En 2025, plus de 80 % du pétrole iranien exporté aurait été absorbé par le marché chinois. Cette dépendance s’explique par les fortes remises consenties sur le brut iranien, devenu moins attractif pour de nombreux acheteurs en raison des sanctions occidentales. Pour les raffineries indépendantes chinoises, notamment dans la province du Shandong, ces barils à prix réduit constituent un moyen de préserver des marges déjà fragiles.
L’Inde figure également dans le viseur, bien que ses échanges avec l’Iran soient plus modestes. New Delhi exporte surtout des produits agricoles et pharmaceutiques vers la République islamique. Ces flux, essentiels pour certains secteurs indiens, pourraient être remis en question si les États-Unis appliquent strictement leur menace tarifaire.
La Turquie, autre partenaire majeur de Téhéran, entretient un commerce bilatéral équilibré avec l’Iran, notamment dans l’énergie et l’industrie. Sa position géographique et son rôle de hub régional la placent dans une situation délicate entre ses intérêts économiques et ses relations avec Washington. De même, les Émirats arabes unis restent un acteur clé du commerce indirect iranien, en particulier via des réexportations, même si Abou Dhabi a progressivement ajusté sa posture sous pression américaine.
En Europe, l’Allemagne apparaît comme le principal partenaire iranien, malgré des volumes bien inférieurs à ceux de l’Asie. Les échanges germano-iraniens reposent surtout sur les machines et les biens industriels. La perspective de droits de douane américains pourrait refroidir davantage des entreprises déjà prudentes depuis le rétablissement des sanctions en 2018.
L’Asie de l’Est n’est pas épargnée. La Corée du Sud et le Japon maintiennent des échanges limités avec l’Iran, principalement dans les biens de consommation et les équipements industriels. Bien que modestes, ces flux pourraient eux aussi être affectés par la politique américaine, renforçant la tendance au désengagement observée depuis plusieurs années.
La mesure annoncée par Trump s’inscrit dans un contexte intérieur iranien explosif. Des manifestations anti-régime se sont étendues à l’ensemble des provinces, entraînant une répression sévère. Plusieurs bilans circulent, allant de quelques centaines à plusieurs milliers de morts. Le prince héritier en exil Reza Pahlavi a récemment affirmé que les pertes humaines sur une courte période dépassaient celles subies par les États-Unis lors des attentats du 11 septembre, appelant à un moment décisif pour l’avenir du pays.
En combinant pression économique et isolement diplomatique, Washington cherche ainsi à frapper indirectement l’Iran en s’attaquant à ses partenaires commerciaux, tout en envoyant un signal clair aux grandes puissances économiques encore engagées avec Téhéran.
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