Partager la souffrance de son prochain

Vues:

Date:

Autour de la table de Chabbath, 522 Vaéra

 Ces paroles de Tora seront lues pour la refoua cheléma de Berakha bath Camilla.

Partager la souffrance de son prochain

Cette semaine commencent les sept premières plaies d’Egypte : le sang, les grenouilles, la vermine, les bêtes sauvages, la peste, les pustules et la grêle. Nos divré Tora s’attarderont sur les raisons de l’esclavage et du raccourcissement des années de l’asservissement, de la personnalité de Moché et aussi de l’endurcissement du cœur de Pharaon.

בשחעי‘ ואני הקשתי לב פרעו והרבתי את אותותי וגו.. » (Chemoth 7,3), que l’on peut traduire par « et Moi, dit Hachem, Je vais endurcir le CŒUR de Pharaon » .On sait tous qu’il existe un principe fondamental dans la Tora, c’est celui du libre-arbitre. C’est à dire, que l’homme est libre dans ses actions pour faire ou non les Mitzvoth. C’est justement cette liberté qui nous gratifiera de la récompense (dans le Monde à venir) ou de la sanction par rapport à nos choix car si on est ‘obligé’ par Hachem, il n’y a plus de mérite ni de salaire à nos Mitzvoth. Nécessairement il faut comprendre cet endurcissement du cœur du roi d’Egypte, qui va à l’encontre de notre principe. Le Rambam dans Hilkhoth Techouva (6,3) donne l’explication qu’à partir du moment où le fauteur multiplie ses fautes alors Hachem lui retire son libre-arbitre. Il ne peut plus faire Techouva. Il prend l’exemple de Pharaon qui sera puni, car il ne pourra pas se repentir de ses actions et donc il n’aura pas droit à réparer le mal qu’il a fait.

Le Beth Halévy explique d’une autre manière, que cet endurcissement n’est pas une punition, mais vient pour contrebalancer l’effet des plaies d’Egypte. En effet, on sait que Hachem cherche le repentir du fauteur, mais cela ne peut être accepté que lorsque la personne est honnête avec elle-même. Comme disent les Ba’alé Moussar, lorsque l’on fait Techouva, même sur une petite partie de nos fautes, il faut que ce soit un plein engagement de la personne.

Revenons à Pharaon, si il avait, dès les premières plaies, accepté que les Bené Israël sortent d’Egypte, cela ne serait pas venu de sa volonté propre, mais uniquement parce qu’il y aurait été obligé. C’est une Techouva forcée qui n’est pas reçu par Hachem. D’après le rav cet endurcissement est venu pour dévoiler la véritable volonté de Pharaon, car en fait, il n’avait aucune volonté de reconnaitre la grandeur de Hachem. On peut extrapoler dans le domaine de l’éducation, chacun d’entre nous souhaite que ses enfants grandissent dans la Tora, c’est sûr, mais le point important à ne pas oublier est le but escompté, c’est que l’enfant puis l’adolescent poursuivent par eux-mêmes la voie tracée par ses parents. Le résultat ne sera atteint que si l’adolescent vit la Tora non pas comme une grande contrainte mais comme un mode de vie CHOISI par la famille. Le travail est long, mais le jeu en vaut la chandelle !

Le verset 7.7 de Chemoth « (ומשה בן שמונים שנה) nous enseigne que Moché avait atteint l’âge vénérable de 80 ans lorsqu’il est venu plaider devant Pharaon pour faire sortir les Bené IsraëI d’Egypte. Ce détail demande réflexion car d’une manière générale, lehavdil, les grands révolutionnaires qu’a pu connaitre le monde ont toujours été dans la force de l’âge et de la vigueur pour combattre. C’est tout le contraire de Moché qui entamait la dernière partie de sa vie. Le Méchekh ‘Hokhma discerne de là que c’était une volonté du Créateur que le libérateur du Clall Israël soit âgé, car c’était un gage pour nous, qu’il transmettre la parole de Hachem dans son intégralité sans faire d’interférences. Il fallait un homme qui ait dépassé ses faiblesses, et son grand âge était un signe qu’il n’agirait pas pour de vils intérêts. Un autre trait intéressant dans la personnalité de notre Maitre Moché c’est qu’il était ‘Kaved Pé’ c’est à dire bégayant. Dans les Drachoth du Ran, il explique que c’était aussi inclu dans la volonté divine de voir que le libérateur ait une difficulté d’élocution pour montrer aux yeux de tous que ce n’est pas par de beaux discours qu’il avait ‘gentiment’ libéré le peuple mais QUE c’était uniquement par la Parole de Hachem qui sortait de sa bouche que Pharaon et toute sa cour ont été impressionnés.

Sur l’esclavage en Egypte. On connait la raison de l’asservissement en Egypte, lorsque Hachem promet à Avraham Avinou la terre d’Israël, ce dernier lui demande’ אדע במה ’ c’est à dire, de quelle manière vais-je savoir que j’hériterai de cette terre ? La Guemara dans Nedarim32 dit qu’il y avait un manque de confiance de la part de Avraham dans son interrogation et qu’il a été puni par l’exil de sa descendance pendant 400 ans sur une terre étrangère. Beaucoup de commentateurs posent la question, voilà que le père faute et les fils … trinquent ? On retiendra le commentaire de Maran Ha’Hida qui explique que l’exil en Egypte était une préparation au Don de la Tora, car pour recevoir ce grand cadeau de Hachem (la Tora), il fallait se défaire de toutes les impuretés et des mauvais traits de caractère. Après toute cette introduction il nous reste à expliquer pourquoi Hachem a raccourci cet exil de 400 à 210 ans comme on le dit dans la Hagada de Pessa’h « Hachem ‘hichev eth hakets » ? Pour répondre, on s’inspirera du Parachath Derakhim (drouch 5) qui dit dans sa deuxième réponse à peu près dans ces termes : que lorsque Hachem a décidé que la postérité d’Avraham subira un exil de 400 années, était incluse la difficulté de l’esclavage et toute la souffrance que le peuple devait endurer. Mais, puisque la natalité du Clall Israël a prodigieusement augmentée, la somme de souffrances qui devait au départ s’abattre sur une petite quantité de personnes s’est finalement abattu sur un plus grand nombre de Bené Israël et nécessairement l’intensité de l’asservissement a diminué en proportion du nombre des Bené Israël ! Et continue le rav, que c’est ce que veulent dire nos Sages qui disent : « Par le mérite des femmes pieuses du Clall Israël, on a été libéré ». C’est une allusion à l’explosion démographique qui a permis le raccourcissement du temps de labeur en Egypte d’après le principe énoncé. De là on peut avancer une autre idée : celle nossé be’ol ‘havéro que l’on peut traduire par « partager la souffrance de son prochain », c’est peut être aussi le même principe qui est à l’œuvre lorsque je partage la souffrance de mon prochain, alors c’est peut-être encore une manière de ‘diluer’ la colère צריך עי

Le Sippour

Mieux qu’Oxford…

Cette semaine je vous propose un (et même deux) véritables sippourim qui nous ramènerons près d’un siècle en arrière dans la grande métropole de Londres. A cette époque, de nombreux émigrants d’Europe Centrale avaient choisi cette lointaine contrée pour refaire leurs vies dans des conditions économiques beaucoup plus favorables. Parmi cette communauté il y avait un jeune couple, la femme venait de Suisse et précédemment de Russie, dont le mari était déjà installé à Londres. C’était un érudit en Tora et pour sa parnassa, il tenait un commerce. Durant toutes ces années leur maison était grande ouverte à tous les Raché Yechiva d’Europe Centrale qui venaient chez eux afin de recevoir leur soutien et un logis. Entre toutes ces grandes figures se distinguait le Roch Yechiva de Branovitch (Lituanie) : le rav El’hanan Wassermann Hachem yikom damo qui était fréquemment reçus chez eux. Cependant les chemins de la Providence sont insondables et le mari décéda subitement en laissant derrière lui une veuve avec neuf jeunes enfants (la plus grande fille avait 14 ans). La situation financière n’était plus du tout comme avant, la jeune femme, qui avait la trentaine, devait faire face à de nombreux problèmes. Comme la famille gardait des relations avec le rav El’hanan, la veuve demanda son avis quant à savoir si elle pouvait reprendre la place de son mari au magasin pour subvenir aux besoins de la famille (à l’époque les femmes n’avaient pas l’habitude de travailler) ou non. Le rav El’hanan lui répondit : ‘ Si tu pars travailler afin de payer aux enfants une bonne éducation juive avec de bons instituteurs (Rébeim), alors c’est souhaitable. Mais si tu reprends le business de ton mari décédé pour avoir une vie plus spacieuse et agréable alors il faut s’abstenir, semble-t-il que la famille pouvait se satisfaire de la vente des biens familiaux : le principal c’est de payer des bons instituteurs pour tes enfants (Ndlr : intéressant de voir que le point central de la réponse est axée sur l’éducation (juive) des enfants) ». A peu près dans la même période, la ville de Londres organisa un grand concours international de mathématiques. De partout affluait des grosses têtes pour tenter leurs chances à l’époque il n’existait pas le Gpt qui donne la réponse immédiatement sans aucun effort. Or dans la famille il y avait le tout jeune Moché âgés de 9 ans qui dit à sa mère qu’il voulait participer au concours ! La mère l’en dissuada mais le jeune tint tête. Au final il fit l’examen national… et c’est Moché qui gagna le grand concours internationnal ! A l’époque tous les journaux british firent leur « une » de cette nouvelle sensationnelle : un jeune garçon âgé de 9 ans décroche la première place. D’un seul coup la maison reçue pleins de lettres des plus grandes universités du pays pour inviter leur jeune fils prodige à venir étudier dans leur institution. Puis une grande lettre arriva cette fois avec l’estampille rouge : elle provenait du siège du gouvernement. Il s’agissait du premier ministre en personne : sir Winston Churchill (avec le gros cigare) qui envoyait lui aussi sa missive. Il congratulait la mère de famille d’avoir un si grand prodige à la maison et lui écrivait qu’il comptait bien que ce jeune devienne dans un avenir pas si lointain le futur dirigeant du Royaume Unis. Pour cela, sir Winston prenait sur lui tous les frais de scolarité de Moché dans les meilleures universités du pays (à l’époque semble-t-il que les facs anglophones n’étaient pas encore un nid d’antisémitisme…). La jeune veuve était assez sceptique sur le choix à faire. D’un côté elle se disait que l’on peut être un érudit (Yechiva avec une période au Colllel… cours du dimanche matin très sympathique…) et dans le même temps faire un bon commerce était possible, à l’exemple de son défunt mari. Le choix était difficile mais au final, elle se ravisa et se dit que pour l’instant son fils était très jeune, et finalement elle déclina l’offre et mis de côté la belle lettre de Winston Churchill (une version dit qu’elle l’a déchirée). Le jeune Moché poursuivra son avancée au ‘Héder puis à la Yechiva (celle du rav Moshé Schneider zatsal à Londres). Malgré la précarité de la situation, sa mère fera tout son possible pour qu’il continue dans l’étude de la Tora afin qu’il devienne un Talmid ‘Hakham comme lui avait suggéré le rav El’hanan Wasserman zatsal. Avec le temps, grâce à l’abnégation de sa mère, et beaucoup de courage  le jeune Moché devint le rav Moché Sternbuch chelita (Raavad à la ‘Eida HaHarédith) qui possède une connaissance phénoménale dans tous les domaines de la Tora. De plus, tous les enfants et gendres de cette dame sont devenus des grands Rabanim et Av Beth Din en Europe Anvers/Londres/Gateshead, etc…

Nous apprenons de là que la Messirouth Néfech, esprit de sacrifice, dans l’éducation de nos chères petites têtes brunes porte ses fruits ; le principal est de ne pas baisser les bras devant l’ampleur de la tâche. Et puisqu’on a parlé Messirouth Néfech, je voulais finir en évoquant la belle-sœur de cette veuve (mère du rav Moché Sternbuch) qui habitait en Suisse, durant la même période, et qui a fait preuve d’un grand esprit de sacrifice (dans un tout autre domaine) : celui du sauvetage des réfugiés juifs durant la guerre. Cette dame s’appelait Ra’hel Sternbuch (marié au frère de la veuve d’Angleterre) et habitait avec son mari à Zurich. Or comme vous le savez ce pays était resté neutre durant la guerre et grâce à cela il s’est empoché de beaux dividendes de tout le carnage européen… En effet de nombreux notables juifs d’Europe Centrale avaient placé leurs fortunes dans des comptes bancaires en Suisse car ils voyaient l’avancée des nazis en Allemagne des années 30. Or après-guerre la grande majorité de ces dépositaires ne sont pas revenus rechercher leurs biens et pour cause…  (Puisqu’ils étaient passés par les fours crématoires d’Auschwitz-Birkenau). La confédération helvétique s’est considérablement enrichie, car l’argent est resté jusqu’à ce jour dans les coffres des banques suisses. Qui plus est, durant la guerre, les Suisses ont tout fait pour repousser l’arrivée d’immigrants clandestins juifs. Or c’est en particulier la famille Sternbuch de Zurich qui a œuvré corps et âmes pour aider à accueillir les immigrants contre la volonté de l’administration helvétique. Plusieurs fois Ra’hel s’est déplacée jusqu’à la frontière suisse-allemande pour réclamer ces Juifs aux policiers helvétiques et des fois aux nazis eux-mêmes ! Les familles qu’ils avaient interceptées et qu’ils s’apprêtaient à remettre aux soldats allemands avec leurs grands bergers allemands qui n’avaient que l’envie de les envoyer vers Auschwitz ou de les fusiller sur le champ… Ce couple exemplaire a tout fait pour aider et soutenir leurs frères de Pologne et de Hongrie, orthodoxes ou non, qui ont pu traverser la frontière contre l’avis de l’administration helvétique : ils n’ont pas eu peur pour leur carrière. Ils l’ont fait car ils savaient que c’étaient une question de vie et de mort. Ra’hel avec son mari sauva des milliers de ses frères (en dehors du fait qu’ils s’occupèrent aussi du transit de fonds provenant d’Amérique vers la lointaine Chine pour aider les 500 élèves de la Yechiva de Mir qui avaient trouvé refuge à Changaï. Un livre entier a été écrit pour dévoiler un petit peu de ces actions de ce couple béni du Ciel).

Donc cette semaine nous avons appris que la Messirouth Néfech peut se décliner sous plusieurs angles. Pour l’un c’est l’éducation des enfants, pour l’autre c’est telle ou telle Mitsva.

Les Sages enseignent Lefoum tsa’ara agra/ d’après la peine (qu’on s’est donnée), le salaire sera plus grand encore (au monde futur). Donc il ne faudra pas perdre espoir devant la tâche à accomplir, comme disait rabbi Nahman ben Feigue : Ein yiouch ba’olam/il n’y a pas de désespoir dans ce monde.

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.     

David Gold

Tél : 00972 55 677 87 47

E-mail : [email protected]

Une bénédiction à Pascal-Yits’haq Chékroun et à son épouse (Lyon) à l’occasion des fiançailles de leur fille, Mazal Tov !

Une bénédiction au Rav David Mordekhai (Philippe) Azoulay et à son épouse (Jérusalem-Bait Végan) à l’occasion des fiançailles de leur fille, Mazal Tov !

Une berakha à Alain-Eli Melloul et à son épouse (Raanana) dans ce qu’ils entreprennent et une bénédiction de bonne santé

Une bénédiction de réussite à Israël Gold et son épouse dans ce qu’ils entreprennent et dans l’éducation des enfants.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img