Au revoir l’OMS ou le Giec… Mais dans quelles institutions internationales les Etats-Unis sont-ils encore présents ?

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Après avoir annoncé la sortie de 66 organisations internationales, où s’arrêtera Donald Trump ? Le président américain a signé le 7 janvier un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de ces organisations qui « ne servent plus les intérêts américains ». Parmi elles, ont été particulièrement visées les organisations et traités de la diplomatie climatique, comme la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, le Giec, groupe de scientifiques qui évalue l’ampleur du changement climatique, l’Ipbes, le « Giec de la biodiversité », ou des agences de l’ONU sur l’égalité femme-homme.

« Mettre à bas le système multilatéral »

« L’objectif de cette administration, c’est de mettre à bas ce qui demeure du système multilatéral instauré après la Seconde Guerre mondiale, souligne le politologue Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’Iris, un think tank. Elle veut nous ramener dans un ordre international où règnent les relations d’État à État, où la loi du plus fort prime, où les alliances sont de circonstance, et où l’on marginalise à l’excès les organisations supranationales comme l’ONU. »

Ce n’est pas le premier retrait : dès son retour au pouvoir il y a un an, Donald Trump s’est retiré de l’accord de Paris sur le climat. Il a claqué la porte l’été dernier de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unesco, qui protège l’éducation, la science et la culture. « La crise climatique ne s’arrêtera pas parce que Donald Trump la nie, relève Mathilde Jourde, responsable du programme Climat, environnement, sécurité de l’Iris. Et ce n’est pas en décidant de ne pas la voir qu’on ne va pas en subir aussi les conséquences. L’impréparation des Etats-Unis face au changement climatique sera une conséquence directe de ces retraits. »

L’Otan, une alliance militaire en sursis

Quelles sont les organisations qui intéressent encore les Etats-Unis ? Principalement les alliances économiques ou militaires. Un cas risque de revenir sur le devant de la scène, celui de l’Otan. En affichant sa volonté d’acheter ou de conquérir le Groenland, territoire semi-automne appartenant au Danemark, Donald Trump a créé une situation inédite de risque de confrontation entre deux pays membres de l’alliance nord atlantique.

« Si les États-Unis prenaient par la force le Groenland, l’article 5 devrait être activé, rappelle Romuald Sciora. Tous les autres pays de l’Otan devraient entrer en guerre contre les États-Unis, pays fondateur de l’alliance et le plus puissant. L’Otan éclaterait de facto. » Les Etats-Unis ont par ailleurs un intérêt financier à ce que l’alliance perdure puisque le pays vend un nombre très important d’armes aux membres de l’Otan. Comme… le Danemark, qui va acheter trois avions de patrouilles pour 1,8 milliard de dollars et des missiles pour 1 milliard de dollars aux Etats-Unis.

L’ONU, un départ possible ?

Si Donald Trump a annoncé quitter une trentaine d’organismes des Nations Unies, les Etats-Unis restent toujours un membre de l’ONU. Ils sont au conseil de sécurité, où ils ont un siège de membre permanent et un pouvoir de veto, utilisé en 2025 pour voter contre des résolutions sur la levée des restrictions à l’entrée de l’aide à Gaza et la libération des otages, par exemple.

Mais leur départ est-il une option ? « C’est une forte possibilité, répond Romuald Sciora. Quitter l’ONU ne mange pas de pain et permettrait à Trump de faire un nouvel éclat sans dommage sur la scène internationale, mais aussi sur la scène intérieure, car l’institution est très impopulaire auprès d’une majorité d’Américains. » Pour l’instant, le départ des agences ou commissions dépendant de l’ONU a déjà eu des conséquences sur leurs budgets et leurs effectifs, réduits par la force des choses.

La Banque mondiale, le FMI, des organisations « qui correspondent aux intérêts économiques »

Le pays de l’oncle Sam demeure aussi membre d’organisations économiques ou d’alliances intergouvernementales, comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce, l’Organisation des Etats américains, l’accord de libre-échange Canada – États-Unis – Mexique, version 2020. Leur présence « correspond à leurs intérêts politiques, géopolitiques et économiques », indique Chloé Maurel, historienne spécialiste de l’ONU. « Après 1945, ces organisations ont été créées pour organiser la coopération, réguler les conflits d’intérêts et produire des normes communes. S’en retirer massivement revient à nier l’interdépendance structurelle du monde contemporain », estime-t-elle. « Ce que Trump et ses amis haïssent par-dessus tout, c’est tout ce qui semble entraver la liberté diplomatique et politique des États-Unis, et donc les traités multilatéraux d’ordre politique plutôt que les traités commerciaux », complète Romuald Sciora.

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