Téhéran brandit l’option des frappes préventives contre Israël

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un panneau d’affichage anti-américain et anti-israélien apposé sur un bâtiment à Téhéran, en Iran, le 4 janvier 2026.

Téhéran brandit l’option des frappes préventives contre Israël

L’Iran a franchi un nouveau seuil rhétorique en laissant entendre qu’il pourrait recourir à des frappes préventives face à des menaces jugées crédibles contre sa sécurité nationale. Cette inflexion stratégique intervient alors que le pays est traversé par une vague de manifestations d’ampleur inédite et que les tensions régionales restent élevées depuis la confrontation militaire de douze jours avec Israël, survenue en juin dernier.

Dans un communiqué largement relayé par les médias d’État, le Conseil national de défense iranien a affirmé que la sécurité, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la République islamique constituaient une « ligne rouge infranchissable ». Toute atteinte à ces principes entraînerait, selon ses termes, une réponse « appropriée, ciblée et décisive ». Plus significatif encore, le Conseil souligne que Téhéran ne se considère pas obligé d’attendre une attaque pour réagir, intégrant désormais les « signes objectifs de menace » dans son calcul sécuritaire. Cette formulation, inhabituelle par sa clarté, alimente les spéculations sur une possible doctrine de dissuasion active.

Sans nommer explicitement ses adversaires, le message vise des « ennemis de longue date » accusés de mener une stratégie de déstabilisation progressive de l’Iran, mêlant pressions diplomatiques, déclarations jugées interventionnistes et encouragements indirects aux troubles internes. Pour Téhéran, cette accumulation dépasse le simple cadre verbal et peut être interprétée comme un comportement hostile. Le Conseil avertit que toute escalade aurait un coût et que la responsabilité des conséquences incomberait pleinement à ceux qui en seraient à l’origine.

Cette prise de position intervient dans un contexte politique et social tendu. Depuis plusieurs jours, des manifestations se multiplient dans de nombreuses villes iraniennes, dénonçant la situation économique et certaines orientations du pouvoir. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants brandissant des pancartes adressées à des dirigeants étrangers, notamment au président américain Donald Trump et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, signe que la dimension internationale s’invite dans la contestation intérieure.

Du côté américain, les déclarations de Donald Trump ont contribué à durcir le climat. Début janvier, il a publiquement mis en garde Téhéran contre toute répression violente des manifestations, affirmant que les États-Unis interviendraient si des manifestants pacifiques étaient tués. Ces propos ont été relayés et amplifiés par plusieurs responsables américains, renforçant à Téhéran le sentiment d’une ingérence étrangère assumée.

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a lui aussi pris la parole pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une implication israélienne indirecte dans les troubles. Dans un message publié en ligne, il a évoqué les appels contradictoires à un cessez-le-feu suivis, selon lui, de tentatives de manipulation, affirmant que la résilience iranienne constituait la véritable raison de ces manœuvres.

La réactivation du Conseil national de défense, officialisée en août dernier après des décennies de relative discrétion depuis la guerre Iran-Irak, s’inscrit dans cette dynamique de fermeté. Placé sous la présidence du chef de l’État Massoud Pezeshkian, cet organe rassemble les principaux responsables politiques, judiciaires et militaires du pays. Sa mission consiste à coordonner plus étroitement les capacités des forces armées et à adapter la doctrine de défense aux menaces contemporaines, qu’elles soient militaires, hybrides ou politiques.

En filigrane, le message envoyé par Téhéran est double : à l’intérieur, il s’agit de rappeler que toute tentative de déstabilisation sera fermement contenue ; à l’extérieur, l’Iran affirme qu’il se réserve désormais le droit d’agir en amont si sa souveraineté est menacée. Une posture qui, sans annoncer une action imminente, contribue à accroître la pression stratégique dans une région déjà hautement inflammable.

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