Israël tranche contre Médecins Sans Frontières
La décision est tombée brutalement et suscite de vives réactions à l’international. À compter de ce jour, Médecins Sans Frontières (MSF) est interdite d’activité à Gaza et en Judée-Samarie. Cette mesure, prise par les autorités israéliennes, s’appuie sur des conclusions issues d’enquêtes sécuritaires et administratives menées ces derniers mois. Pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’une sanction politique, mais d’une réponse à des manquements jugés graves et répétés.
Dans une lettre adressée aux médias, Amichai Chikli, ministre israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, affirme que plusieurs organisations humanitaires opérant à Gaza ont vu certains de leurs employés impliqués directement dans des activités terroristes. Concernant MSF, les autorités estiment que ces dérives ne relèvent pas de cas isolés, mais d’un problème structurel de contrôle et de transparence.
Les documents gouvernementaux évoquent plusieurs cas précis. En juin 2024, un individu identifié comme membre du Jihad islamique palestinien aurait été employé par MSF. Quelques mois plus tard, en septembre 2024, un autre employé aurait été reconnu comme sniper du Hamas. Selon les autorités israéliennes, malgré des demandes répétées, l’ONG n’aurait pas fourni d’informations complètes et vérifiables sur l’identité, les fonctions exactes et les activités de ces personnes.
Le cadre réglementaire israélien permet la révocation d’une licence d’activité pour divers motifs : participation à des actions visant à délégitimer l’État d’Israël, recours à la guerre juridique contre des soldats de Tsahal, négation de la Shoah ou du massacre du 7 octobre, ou encore soutien actif au mouvement BDS. Les autorités classent MSF parmi les organisations ouvertement pro-BDS, ce qui constitue, selon elles, un motif légal suffisant de refus d’agrément.
En 2025, aucune des quatre branches de MSF — Espagne, Belgique, France et Pays-Bas — n’a obtenu l’autorisation d’opérer à Gaza. Les services compétents affirment que ces sections n’ont pas respecté les exigences d’enregistrement, notamment la transmission de listes complètes du personnel, incluant des informations détaillées sur les employés palestiniens. Israël considère que ces lacunes témoignent d’un manque de transparence incompatible avec un environnement sécuritaire sensible.
Les accusations varient selon les branches. MSF France est notamment accusée de promouvoir activement des boycotts politiques et un embargo sur les armes contre Israël, ainsi que d’employer publiquement des termes tels que « génocide » ou « nettoyage ethnique ». Pour les autorités israéliennes, ce type de discours rompt avec le principe de neutralité humanitaire et contribue à alimenter des campagnes diplomatiques et judiciaires hostiles. MSF Belgique, de son côté, est accusée de présenter Israël comme un État fondamentalement oppressif et colonial, cherchant à remettre en cause sa légitimité démocratique.
L’évaluation finale de l’équipe interministérielle conclut que les activités de MSF représentent un risque sécuritaire élevé. Le non-respect des obligations réglementaires est cité comme un élément aggravant, renforçant la décision d’interdiction.
MSF International conteste vivement cette mesure, affirmant que le système de santé palestinien est gravement affaibli et que la perte d’accès de certaines ONG priverait des centaines de milliers de personnes de soins essentiels. Tsahal réplique que les organisations interdites ne représentaient qu’environ 1 % de l’aide humanitaire totale, et que la grande majorité des flux continue d’être assurée par les 24 organisations toujours autorisées. Les autorités israéliennes indiquent par ailleurs vouloir faciliter l’entrée d’équipes médicales d’autres ONG jugées conformes aux principes de neutralité et de transparence.
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