Conflit inhabituel au sein du gouvernement
Jeudi soir, une réunion du gouvernement israélien consacrée à l’examen d’un projet de loi sur la peine de mort pour terroristes s’est transformée en scène de confrontation politique intense entre ministres. Au centre des échanges se trouvaient Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, et Yariv Levin, ministre de la Justice, qui se sont lancés des accusations, sous les yeux du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans un climat tendu où les réprimandes ont fusé.
La session avait pour objet une loi visant à imposer la peine capitale à ceux reconnus coupables d’actes terroristes particulièrement graves, notamment pour les auteurs des attaques du 7 octobre 2023. Cette initiative législative s’inscrit dans un mouvement plus large du parlement israélien, qui a récemment approuvé une première lecture d’un texte sur ce sujet, suscitant de vifs débats sur ses implications pratiques et juridiques. L’idée, défendue notamment par Ben-Gvir, est présentée comme un moyen de dissuasion face à l’extrémisme violent et une réponse à la colère suscitée par les attaques meurtrières. La peine de mort existe déjà dans la loi israélienne, mais n’a été appliquée qu’une seule fois, lors de l’exécution d’un criminel de guerre nazi en 1962 ; depuis, elle reste largement symbolique et non utilisée. (Wikipedia)
Au cours des échanges, le débat s’est rapidement crispé. Ben-Gvir a affirmé vouloir intégrer à la loi des dispositions précises pour juger et sanctionner les terroristes, ce qui, selon lui, assurerait « une justice claire et ferme » pour les familles des victimes. Yariv Levin, pour sa part, a critiqué cette démarche, estimant qu’elle empiétait sur un dossier déjà pris en charge par le procureur général et qu’elle risquait de compliquer le travail en cours du système judiciaire et des instances législatives. « Comment peut-on promouvoir ce processus sans coordination avec le ministère de la Justice ? » a-t-il lancé, visiblement exaspéré. En réponse, Ben-Gvir a défendu son projet, assurant qu’il avait été mal compris et appelé ses collègues à le lire avant de le juger.
Face à ce bras de fer, le Premier ministre Netanyahu a tenté de calmer le jeu. Intervenant à plusieurs reprises, il a demandé à Ben-Gvir, sur un ton ferme, de « commencer par se faire élire Premier ministre » s’il souhaitait diriger ce dossier, une pique qui a été interprétée comme un rappel de la hiérarchie au sein du cabinet. Netanyahu a cherché à recentrer la discussion vers une coopération constructive, tout en soulignant la nécessité de trouver un terrain d’entente sans retarder davantage l’examen juridique de la proposition.
Outre les échanges directs entre ministres, d’autres voix au sein du gouvernement ont pris position. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, s’est montré favorable à l’introduction de la peine de mort, arguant que l’absence d’une vraie perpétuité de peine et le système judiciaire actuel ne dissuadaient pas suffisamment. Un parlementaire présent a aussi proposé de légiférer afin d’interdire toute libération des condamnés à mort entre le jugement et son application, une mesure destinée à répondre aux préoccupations de sécurité soulevées par plusieurs députés.
Ce débat a lieu dans un contexte politique plus large où la peine de mort pour terroristes fait déjà l’objet d’un débat parlementaire. La Knesset a donné une première approbation à cette législation, qui doit encore franchir plusieurs étapes avant d’entrer en vigueur. La controverse porte notamment sur l’éventuelle application pratique de cette mesure et sur les implications pour les procédures judiciaires classiques. Certains détracteurs craignent que l’élargissement de cette peine ne soulève des questions constitutionnelles, en particulier concernant l’égalité devant la justice et la discrimination potentielle dans son application. (i24NEWS)
L’incident ministériel illustre les difficultés croissantes au sein de la coalition gouvernementale, où différentes visions de la politique de sécurité et de justice coexistent, parfois de manière conflictuelle. Alors que l’examen de la loi se poursuit dans les commissions parlementaires, la scène politique israélienne reste mobilisée par ces enjeux, qui touchent aussi bien à la sécurité nationale qu’à des principes juridiques fondamentaux.
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