La réponse de Netanyahu concernant la normalisation des relations avec l’Arabie saoudite
L’approbation de la création de nouvelles colonies et la régularisation des colonies existantes en Judée-Samarie sont perçues dans le monde arabe comme une ligne rouge. Une source diplomatique du Golfe affirme que la porte à la normalisation avec le gouvernement actuel est fermée. Les contacts économiques et commerciaux devraient également être affectés.
La décision prise jeudi soir par le cabinet politico-sécuritaire d’établir 14 nouvelles colonies en Judée-Samarie et de régulariser le statut de cinq colonies existantes indique que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, du moins durant son mandat actuel, ne perçoit aucune possibilité réelle de normalisation des relations avec l’Arabie saoudite et a, de fait, renoncé à cette voie diplomatique. Selon une source diplomatique arabe des États du Golfe, il n’existe aucune autre interprétation possible de cette mesure prise par le gouvernement Netanyahu, et le processus de normalisation avec ce gouvernement est définitivement clos.
Jeudi, le cabinet politico-sécuritaire a approuvé à l’unanimité la proposition du ministre de la Défense, Yisrael Katz, et du ministre Bezalel Smotrich, visant à régulariser le statut de cinq colonies existantes et à en créer quatorze nouvelles, soit dix-neuf au total. Parmi elles figurent les colonies de Ganim et Kadim, situées dans le nord de la Samarie, évacuées en 2005 dans le cadre du plan de désengagement de la bande de Gaza et de la Samarie, et dont la réouverture est désormais envisagée. Cette réouverture est rendue possible par l’abrogation, il y a environ deux ans et demi, de la loi sur le désengagement par la Knesset.
Selon des proches du ministre de la Défense et du ministre Smotrich, également ministre au sein du ministère de la Défense, cette décision aurait été prise en concertation avec les Américains. Toutefois, le terme « coordonnée » est quelque peu exagéré : Israël a informé les États-Unis de son intention et des discussions ont eu lieu concernant la nature de la liste. Certaines colonies initialement prévues pour y figurer ont été retirées en raison de leur situation géographique, dans des territoires susceptibles d’être associés aux Palestiniens à l’avenir.

La question des colonies figurait parmi les exigences permanentes de l’Arabie saoudite vis-à-vis d’Israël, condition sine qua non de son adhésion aux accords d’Abraham. Toutefois, jusqu’au déclenchement de la guerre, elle était considérée comme une revendication secondaire. Après le 7 octobre, les Saoudiens ont durci leur position, et la question palestinienne en général, et les colonies en particulier, sont devenues une condition essentielle. Lors des discussions tenues ces derniers mois en amont d’une possible rencontre entre le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Donald Trump à Washington, les Saoudiens ont exigé, entre autres, un frein à la politique du gouvernement actuel d’expansion des colonies et de création de nouvelles implantations.
En mai dernier, l’Arabie saoudite a fermement condamné la décision du gouvernement israélien approuvant la création de 22 colonies supplémentaires et a exigé son annulation. Aujourd’hui, suite à l’ajout de 19 colonies officielles dans la décision du Conseil des ministres, les Saoudiens interprètent cette mesure comme « la fermeture de la porte à tout accord avec Israël, et certainement à toute possibilité de normalisation », selon une source diplomatique arabe des États du Golfe.

Le magazine « Today » a récemment rapporté que les Américains étaient très déçus par l’insistance de l’Arabie saoudite sur plusieurs conditions à la normalisation des relations avec Israël, notamment l’arrêt de l’expansion des colonies. De ce fait, les accords concernant la vente d’avions F-35 et l’implantation d’une centrale nucléaire en Arabie saoudite n’ont pas abouti. Selon des estimations à Washington, des accords ou des arrangements économiques et commerciaux entre les deux pays sont envisageables, mais pas un accord politique global.
La source diplomatique arabe indique désormais que les négociations sur les accords économiques et commerciaux devraient également être affectées et que leur rythme devrait ralentir. Cependant, elle n’exclut pas des rencontres et des contacts entre organisations non gouvernementales, dont deux sont prévus le mois prochain. Selon elle, « la politique du gouvernement Netanyahu-Smotrich-Ben Gvir ne laisse aucune place à un dialogue politique concret avec l’Arabie saoudite et vide de son sens l’approbation donnée par Netanyahu au projet d’un futur État palestinien. L’espoir de progrès tangibles, et non de simples paroles, a été déçu. »

Le ton saoudien s’est encore durci ces derniers temps. Manal Radwan, haute responsable du ministère saoudien des Affaires étrangères, a déclaré lors d’une conférence au Qatar que le gouvernement israélien actuel « n’est ni un partenaire pour la paix, ni un partenaire pour un cessez-le-feu durable ». Le prince Turki al-Faisal, ancien chef des services de renseignement saoudiens, s’est montré encore plus virulent, affirmant qu’Israël représente une menace plus importante pour la région que l’Iran et que les États-Unis doivent le contenir.
En revanche, une source israélienne réfute ces propos et affirme que la décision du cabinet n’est pas la véritable raison du retard dans la normalisation des relations avec l’Arabie saoudite. Selon elle, malgré un rapprochement sur plusieurs points confidentiels, les Saoudiens attendent, sur le plan politique, la fin de la guerre, les accords qui en découleront et la stabilisation de la situation au Moyen-Orient avant de se prononcer sur le rythme des progrès dans les relations avec Israël. « Cela viendra, la seule question est de savoir quand », a déclaré la source.
JForum.Fr et Israël hayom.
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