Les Iraniens envoient au Yémen un haut commandant de la Force al-Qods : “Cela révèle la crainte de Téhéran d’un effondrement des rebelles”

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Moammar al-Eryani, ministre de l’Information du gouvernement yéménite légitime, met en garde : « L’Iran est passé à une gestion ouverte et directe des Houthis. C’est une reconnaissance officielle de l’ampleur du projet iranien au Yémen, et cela témoigne d’une forte inquiétude face à l’effondrement possible des rebelles houthistes. »

JDN

Il y a environ deux semaines, les Gardiens de la Révolution à Téhéran ont renvoyé au Yémen Abd al-Reza Shahlai, haut commandant de la Force al-Qods, responsable du front yéménite. Sa mission : renforcer les capacités des rebelles et remettre de l’ordre dans le chaos qui règne dans leurs rangs.

Le ministre yéménite avertit que le retour de Shahlai — recherché par les États-Unis comme terroriste — dans les zones contrôlées par la milice houthie constitue une déclaration officielle de l’entrée de l’Iran dans une phase de gestion directe de la milice et une exposition complète du projet iranien au Yémen.

Remplir le vide de commandement laissé après les éliminations

Al-Eryani souligne que ce retour intervient dans un contexte de fragilité interne et de vulnérabilité sécuritaire de la milice, après l’élimination de plusieurs de ses commandants majeurs, notamment Abd al-Karim al-Ghamari et d’autres dont les Houthis gardent l’identité secrète.

Selon lui, « le moment choisi pour renvoyer Shahlai révèle clairement que l’Iran se prépare à un nouveau cycle d’escalade, notamment en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden, après la chute brutale des capacités houthies à mener des attaques contre les voies maritimes et le commerce mondial, conséquence de l’épuisement des stocks iraniens d’armes. »

Une crise profonde au sein des rebelles

Le ministre ajoute que cette démarche montre la profondeur de la crise que traverse la milice depuis les coups qui ont frappé sa structure militaire et sécuritaire, son classement comme organisation terroriste, et l’intensification des efforts internationaux pour assécher ses sources de financement et d’armement.

Selon al-Eryani, la milice — qui tentait de masquer sa dépendance totale envers l’Iran sous des slogans de “souveraineté et indépendance” — se retrouve désormais face à un vide de commandement sans précédent et à l’effondrement de son système de contrôle. Cela a forcé Téhéran à renvoyer l’un de ses officiers les plus dangereux, superviseur des programmes de missiles et de drones, devenu de facto le dirigeant de leurs zones de contrôle.

Tentative iranienne de contourner la pression internationale

Al-Eryani affirme que le retour de Shahlai reflète une tentative iranienne de contourner les pressions internationales qui ont asphyxié l’Iran et ses proxies, ainsi qu’une volonté de reconstruire l’appareil militaire houthi.
Téhéran, ayant subi de lourdes pertes sur ses lignes d’approvisionnement et dans ses routes de contrebande d’armes, cherche par cette initiative à relancer ses relais régionaux et à rétablir sa capacité de gestion du dossier des missiles et drones au Yémen, pour en faire un nouvel instrument de pression.

Reconstruction du réseau financier

Toujours selon al-Eryani, ce retour s’inscrit dans le cadre d’un effort iranien visant à reconstruire le réseau de financement parallèle des Houthis après les dommages causés par les mesures internationales : fermeture de circuits illégaux, assèchement des ressources, pression contre les réseaux de blanchiment d’argent.
Shahlai possède une longue expérience dans ces dossiers et dans leur gestion régionale.

Un fossé entre le discours des Houthis et la réalité

Le ministre explique que cette prise de contrôle iranienne détruit totalement la rhétorique houthie prétendant à une “décision souveraine”.
Selon lui, les zones contrôlées par les Houthis sont désormais dirigées directement depuis les salles d’opération du Corps des Gardiens de la Révolution, et la décision y est entièrement iranienne.

L’inquiétude iranienne face à un effondrement des Houthis

Al-Eryani affirme également que ce geste reflète la peur iranienne d’une possible chute de la milice :
– perte de leur principal outil de pression sur les voies maritimes internationales,
– affaiblissement de leurs autres proxies en Syrie et au Liban,
– baisse générale de leur capacité d’exécuter l’agenda iranien.

Le Yémen devient ainsi le dernier théâtre d’influence stratégique que Téhéran tente de préserver à tout prix.

Un message clair contre la paix

Pour le ministre, le retour de Shahlai transmet un message limpide : l’Iran ne veut pas de désescalade ni d’accord politique au Yémen.
Il continue de saboter les efforts internationaux et cherche à transformer le pays en scène de confrontation permanente.

Appel à la communauté internationale

Al-Eryani conclut : « Une vérité s’impose : le Yémen se trouve aujourd’hui en première ligne face au projet expansionniste le plus dangereux de la région.
Le combat contre ce projet n’est pas seulement la récupération de l’État yéménite, mais la défense de la sécurité arabe, de la stabilité régionale, de la sécurité maritime mondiale, et du droit du peuple yéménite à un État indépendant dont les décisions ne seront pas dictées par un officier iranien. »

Il appelle enfin la communauté internationale à une position ferme pour stopper cette dangereuse escalade et à soutenir le gouvernement yéménite dans ses efforts visant à rétablir l’État et à garantir la sécurité du Yémen et de la région.

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