Ils avaient raison en 2005 – Le prix du retrait de Gaza

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À la dernière sortie de Ganei Tal, où j’étais en poste comme reporter pour Galei Tsahal, après que toutes les larmes eurent été versées, que tous les psaumes eurent été récités à la synagogue et que tous les évacués eurent dit tout ce qui avait déjà été dit aux soldats, un habitant de Gush Katif se leva. Il brandissait une petite pancarte, de la taille d’une feuille A4, sur laquelle était écrit : « Le terrorisme a gagné. »

J’ai réfléchi à ce panneau jusqu’à mon arrivée au camp de Re’im, où l’armée d’évacuation et de nombreux journalistes étaient postés, les yeux pétillants. Car ce manifestant, probablement expulsé de chez lui le lendemain, a mis le doigt sur le point le plus fondamental du déracinement du Goush Katif. Avant même qu’il ne s’agisse d’une histoire de violence légale (« préparation à une dictature », comme l’appelait alors Uri Auerbach). Avant même qu’il ne s’agisse d’une histoire de rupture sectaire et religieuse. Avant même qu’il ne s’agisse d’une rupture de promesses politiques d’une ampleur jamais vue en Israël, avant même tout cela, c’était une question simple : le désengagement améliorera-t-il la situation d’Israël face au terrorisme, ou l’aggravera-t-il ? La campagne sur Gaza a été menée sur le terrain sécuritaire, et non religieux ou moral, et c’est là que tout s’est joué.

Un manifestant sur la route entre Ganei Tal et Katif était convaincu que ce serait pire, mais il était quasiment seul. Toute l’élite sécuritaire et politique s’est mobilisée pour affirmer que ce serait une bonne chose, une bonne chose. À la veille du référendum des fonctionnaires du Likoud, un débat passionnant a eu lieu sur la deuxième chaîne entre Benny Begin, qui s’y opposait, et Ehud Olmert, qui le soutenait. « Pour combattre à Gaza, nul besoin de dizaines de colonies sans avenir. C’est également vrai pour Naplouse et pour partout ailleurs », a déclaré Olmert. Begin a déclaré : « La synagogue de Gush Katif pourrait devenir une mosquée, où ils continueront d’inciter et d’organiser des actes terroristes contre Israël. » Olmert a répliqué : « Vous promettez aux fonctionnaires la terreur éternelle, nous promettons une chance de changement. »

Sans parler de Monsieur Sécurité, Ariel Sharon. À la veille du désengagement, dans la nuit de Tisha BeAv, il a déclaré : « Ce plan est bénéfique pour Israël dans tous les scénarios futurs. Nous réduisons les frictions quotidiennes et leurs victimes des deux côtés. Tsahal se réorganisera à l’intérieur des frontières défensives, derrière la barrière de sécurité. Ceux qui continuent de nous combattre affronteront Tsahal et les forces de sécurité en force. »

Quelques semaines avant le massacre de Sim’hat Torah, le général de division Dan Harel, du commandement Sud au moment du désengagement, expliquait dans une interview : « Nous savions que Gaza serait le Hamastan, mais là, c’est mieux… La frontière est claire, nous l’avons très bien construite… très stable, il n’y a pas d’infiltrations. »

Pour preuve, il affirmait qu’il s’agissait d’une « mesure de sécurité qui a résisté à l’épreuve du temps ». Son interlocuteur a même avancé un argument chiffré : « En deux ans au commandement Sud, 54 soldats ont été tués, donc au cours des 18 ans qui ont précédé l’interview, 500 soldats ont été tués. » Près de 900 soldats sont tombés depuis lors sous l’occupation de Gaza, et il n’a toujours pas présenté une seule excuse.

Un camp a décrit un avenir sans Gush Katif, avec roquettes, tunnels, missiles et raids. Un autre celui de l’aveuglement a décrit un avenir sans Gush Katif, avec la paix, la prospérité et la liberté internationale d’agir avec force à Gaza quand bon lui semble. Certains avaient totalement tort, d’autres totalement raison. C’est aussi simple que ça.

Le magnifique négationnisme qui se fait de nos jours, et cela inclut un lever de yeux suffisant à chaque fois que le mot « désengagement » est entendu, comme s’il s’agissait d’une histoire lointaine, et vise à oublier le fait le plus fondamental : les opposants au désengagement avaient raison dans chacun de leurs avertissements contre cette initiative, et les partisans du désengagement avaient tort dans chacun de leurs encouragements. Sans le désengagement, le Hamas n’aurait jamais eu deux divisions de commandos pour prendre d’assaut notre frontière. Et sans Oslo, si l’on remonte dans le temps, le Hamas n’aurait pas eu de capitale appelée Gaza d’où préparer les Qassam et les escadrons de raid qui ont tué les habitants de Gush Katif.

L’essence du mensonge réside dans le nom du « plan de désengagement ». La vérité, simple et crue, est que Gaza n’a jamais eu d’endroit où aller. Avant le plan d’immigration de Trump, il était impossible de se libérer du nid du terrorisme et de la bombe démographique. Sharon, se croyait avisé envers les israéliens et lâche envers les Gazaouis, n’a pas osé construire un mur défensif à Gaza, au prix de la vie de plusieurs dizaines de soldats. Sous la pression de ses fils corrompus et de médias corrompus, il a préféré entrer par voie terrestre à Rafah Yam plutôt que par Rafah, et la fin est connue.

Il est courant aujourd’hui d’attribuer le messianisme à la droite. C’est vrai. La vérité est qu’à Gaza, deux mouvements messianiques se sont violemment affrontés : le mouvement religieux, de droite et nationaliste, qui souhaitait l’annexion de la bande de Gaza et ignorait deux millions de Palestiniens parce que c’était notre terre ; et le mouvement très médiatisé, le mouvement laïc, de gauche et libéral, qui croyait que le retrait conduirait à une Riviera gazaouie avec des technologies de pointe et un Club Med à la Singapourienne.

Le camp des partisans du désengagement, qui s’est rétréci au fil des ans, pense que d’une part, les choses auraient pu être différentes. Si nous n’avions pas confiner le Hamas, l’avons nourri et empêché l’AP d’y pénétrer, il n’y aurait pas eu de terrorisme. Cet argument est faux. Le Hamas vit bien en Judée Samarie sous la tutelle de l’AP.

Il veut rappeler que la montée du Hamas, d’abord lors des élections de 2006, puis lors du coup d’État armé de 2007, a été la conséquence directe du désengagement. Faux aussi l’AP a toujours été comme le Hamas une organisation pervers et corrompue.

Tous les opposants rétroactifs au transfert d’argent qatari étaient issus des camps du confinement et de l’isolationnisme depuis des années. S’ils voulaient démanteler le Hamas, ils avaient accès à des micros pour s’élever contre l’argent qatari. Même un dixième de ce qu’ils avaient investi en propagande contre l’abandon du prétexte de la raison aurait suffi à mettre un terme à cette folie.

Deuxièmement, le massacre aurait eu lieu de toute façon. C’est, bien sûr, une affirmation particulièrement effrontée pensent-ils. 

Le Hamas n’a pas eu besoin du retrait pour de toute façon vouloir la destruction des Juifs. Il faut arrêter de se faire des illusions.

Plus de 20 ans après le désengagement, Israël continue de payer un prix très lourd. Rien de comparable avec la Judée Samarie. Sharon et la gauche Israélienne sont en grande partie responsable du bain de sang que l’on connait.

JForum.Fr et Israël Hayom corrigé.

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