Yehuda Widawski, plus ancien survivant de la Shoah en Israël, meurt à 107 ans
Yehuda Aharon Widawski, considéré comme le plus ancien survivant de la Shoah vivant en Israël, est mort à l'âge de 107 ans, à la veille de Rosh Hashanah. Rescapé du ghetto de Lodz et d'Auschwitz-Birkenau, il avait consacré des décennies à restaurer des cimetières juifs en Pologne.

Yehuda Aharon Widawski est décédé dimanche soir, à la veille de Rosh Hashanah, à l'âge de 107 ans. Né en 1919 à Turek, en Pologne, il était le plus ancien survivant de la Shoah vivant en Israël et l'une des figures les plus âgées des communautés hassidiques de Sochatchov et de Modzitz.
Une jeunesse brisée par la guerre
Selon Yad Vashem, cité par JNS, Widawski était le deuxième d'une famille de quatre enfants, issue d'un foyer traditionnel et sioniste. La famille s'installe ensuite à Lodz, où les autorités allemandes créent un ghetto en 1940. En août 1944, les Widawski sont déportés à Auschwitz. Ses parents, Abraham et Leah, ainsi que son frère aîné Gabriel, sont assassinés dès l'arrivée. Avec son frère cadet Jehoszua, il survit à une sélection opérée par le médecin nazi Josef Mengele, avant d'être transféré, huit jours plus tard, au camp de travail de Friedland, une annexe du complexe de Gross-Rosen. Le camp est libéré par l'Armée rouge le 9 mai 1945. Seuls Yehuda, son frère et un oncle survivent à la déportation de la famille.
Une vie consacrée à la mémoire
Après la guerre, Widawski participe, en Pologne, aux efforts de l'Irgoun pour acheminer des armes vers la future Israël. Il fait son alyah en 1950 et fonde plusieurs entreprises dans le pays. En 1978, il retourne en Pologne pour retrouver la tombe de sa mère. Cette recherche devient, selon ses propres mots rapportés par le président Isaac Herzog, « une œuvre de toute une vie ». Pendant des décennies, il localise et restaure des cimetières juifs et des fosses communes tombés à l'abandon, identifiant plus de 3 000 tombes de disparus, dont celles du cimetière juif de Lodz.
En 2012, Widawski est choisi pour allumer un flambeau lors de la cérémonie officielle de Yom HaShoah, la Journée du souvenir de la Shoah, organisée à Yad Vashem, à Jérusalem. Il devient également un témoin recherché lors des cérémonies organisées par les Juifs d'origine polonaise, tout en restant une figure de référence dans les communautés hassidiques auxquelles il appartenait.
L'hommage du président Herzog
Le président israélien Isaac Herzog a rendu hommage à Widawski dans un message publié en hébreu. « J'ai été attristé d'apprendre le décès de Yehuda Aharon Widawski, que sa mémoire soit bénie, survivant d'Auschwitz et des camps nazis, à l'âge de 107 ans », a-t-il écrit. Le chef de l'État a rappelé avoir reçu le centenaire, alors âgé de 104 ans, à la résidence présidentielle, entouré de sa famille. « J'ai été touché de l'entendre raconter sa vie et sa décision de retourner en Pologne, des années après son alyah, pour chercher la tombe de sa grand-mère », a ajouté Herzog.
Le président a également cité une phrase attribuée à Widawski, selon laquelle sa revanche contre les nazis tenait au fait qu'ils avaient perdu la guerre, tandis que l'État d'Israël existait. Herzog a résumé sa trajectoire comme « un témoignage remarquable de la victoire de la vie, de la mémoire et du renouveau ».
Une famille reconstruite après la Shoah
Widawski avait épousé Lea Dobrysz et le couple avait eu un fils. Selon JNS, il laisse derrière lui un fils et une fille, quatre petits-enfants et douze arrière-petits-enfants. Le Jerusalem Post évoque de son côté une famille élargie sur cinq générations, sans détailler ce chiffre. Cette différence illustre la difficulté à établir un bilan précis d'une lignée reconstruite sur plusieurs continents après la destruction de la famille d'origine à Auschwitz.
La mort de Widawski, survenue au moment où Israël entre dans une nouvelle année juive, est perçue par plusieurs responsables comme la disparition d'un symbole de la résilience des survivants de la Shoah. Sa disparition relance, une fois de plus, la question de la transmission de la mémoire à mesure que le nombre de témoins directs continue de diminuer chaque année.
Questions fréquentes
- Qui était Yehuda Widawski ?
- Né en 1919 en Pologne, il a survécu au ghetto de Lodz, à Auschwitz et à des camps de travail nazis, avant de faire son alyah en 1950 et de devenir le plus ancien survivant de la Shoah vivant en Israël.
- Quelle a été son œuvre après la guerre ?
- À partir de 1978, il est retourné régulièrement en Pologne pour localiser et restaurer des cimetières juifs et des fosses communes, identifiant plus de 3 000 tombes de disparus.
- Quand est-il mort ?
- Il est décédé à 107 ans, à la veille de Rosh Hashanah, selon les informations rapportées par les médias israéliens.
Sources : The Jerusalem Post, JNS





